ILS RACONTENT LEURS VACANCES EN VOILIER EN GRECE

Croisière à la cabine en Grèce


L'équipage: 1 skipper, 8 personnes des Etats-Unis, Mexique et France.
Type de croisière: location à la cabine
Bateau: catamaran Pahi 53
Depart: Paros, le 13 septembre 2013
Arrivée: Paros, le 19 septembre 2013
Météo: 27°, ciel dégagé, vent du nord 10-15 noeuds.

croisiere avec Archipel
  Chacun s'installe à bord, découvre le bateau.
 
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  Une des cabines doubles.
 
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  Départ sur une mer calme.
 
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  Des dauphins croisent notre route.
 
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  Vue sur le port de Finikas à Syros depuis la taverne.
  

JOUR 1 : Paros-Syros

Aujourd'hui j'embarque à Paros en Grèce sur un catamaran avec 7 autres personnes des quatre coins du monde venues comme moi découvrir les îles grecques par la mer. Mon sac au dos, très excitée à la perspective de cette nouvelle expérience -je n'ai jamais fait de croisière avant et encore moins pratiqué la voile - , je retrouve Georges Gritsis, le patron d'Archipel, au café Marina situé à quelques mètres du quai des voiliers à Parikia et fais la connaissance d’Eric le skipper et du reste de l’équipage: il y a Jay et Deby (USA), Juan et Liliana (Mexique), Scott et Rose (USA) et Sandra française comme moi.
 
Autour d'un verre, nous écoutons Georges et Eric nous expliquer le déroulement de notre voyage: navigation le matin/début d'après-midi, quartier libre le reste de la journée et soirée. L'itinéraire s'établit petit à petit, il prend compte les vents de la semaine. Jay, Deborah et Sandra semblent un peu déçus qu'on ne puisse pas aller cette fois à Santorin que tous les guides vantent! Le travail d'Eric commence réellement: expliquer aux novices parmi nous que le principe du voilier est d'aller avec le vent et non contre. Si la descente sur Santorin, la plus au sud des Cyclades, ne poserait pas de problème parce-qu'on aurait le vent dans le dos, la remontée face au vent serait longue et laborieuse; il faudrait tirer des bords sans arrêt, exercice impossible pour un équipage non expérimenté. Tout le monde acquiesce mais qui de nous mesure vraiment de quoi parle Eric ? Vu du café la mer semble si calme et docile!
 
Les présentations faites, il nous reste à mettre au point l’approvisionnement alimentaire: une caisse de bord nous permettra de régler les repas quotidiens, petits déjeuner, déjeuners mais également les dîners dans les tavernes le soir, ainsi que les frais de carburant du bateau, l'eau et les taxes de port. Le rôle de trésorier est affecté à Jay à qui nous remettons 200 € par personne pour la semaine.
Pour gagner du temps l'équipe d'Archipel a organisé les premières courses de bord, un groupe se forme pour compléter l'approvisionnement. Moi je décide d'aller à bord pour faire plus ample connaissance avec le skipper et prendre mes marques sur cet étonnant bateau.
 
Le Pahi n'est pas un bateau plastique de série, c'est un catamaran en bois construit sur mesure par Archipel, il mesure 17 mètres et peut accueillir 10 personnes dont le skipper. Très bien équipées, les chambres, oups pardon les cabines, ont aussi le mérite d’être accueillantes et confortables (descente privative, lit 2 places, lampes de lecture, rangements, banquette, toilettes/salle de bain privé pour chaque cabine, plusieurs hublots qui diffusent bien la lumière, ventilateur).
La cuisine, en haut au centre du pont, comporte tout l’équipement nécessaire (frigo, glacière, grill, cuisinière à gaz, nombreux rangements), c'est un espace convivial, bien aéré mais qui n'a pas de grande table, seulement des petites tables individuelles, ça paraît un peu bizarre au début mais à l'usage on s'aperçoit que ce choix d'aménagement favorise une circulation rapide et fluide parmi les passagers, fort appréciable en croisière à la cabine où, les gens ne se connaissent pas au départ, on aime pouvoir garder une certaine indépendance. Le bateau est également aménagé d'un cockpit de navigation pouvant accueillir plusieurs personnes et aussi d’une mystérieuse plateforme de nage.
 
Une fois nos marques prises, Eric nous donne les directives et usages à respecter à bord (gestion de l’eau douce, de l'électricité, fonctionnement des sanitaires, de la cuisine etc). Et il est 13:00 lorsque nous levons l’ancre pour faire cap vers l’île de Syros! Nous prenons le large sur une mer calme. Il fait très chaud malgré l’air que procure le fait de naviguer. En septembre le vent caractéristique des Cyclades en juillet/août, le Meltem, peut tomber comme c'est le cas aujourd'hui. Pour cette raison nous utiliserons le moteur plutôt que de hisser les voiles. L'équipage passe les 3 heures et demi de navigation à faire connaissance, à se reposer sur le pont et les filets avant, à lire ou tout simplement à profiter de la vue magnifique. Coup de chance énorme, trois dauphins croisent notre route!
 
L’île de Syros est la capitale administrative des Cyclades. Son relief est constitué de collines et vallées à la végétation relativement pauvre. Le littoral offre deux vastes ports naturels: Ermopoulis à l’est (et capitale de l'île) et Finikas à l’ouest. Il est 17:30 lorsque nous amarrons au petit port tranquille de Finikas. L’eau est incroyablement limpide et claire, j'aperçois des oursins.
En septembre, la lumière décroît dès 18h30 si bien qu'il est trop tard pour organiser une visite diurne de l’île aussi nous décidons à l'unanimité d'aller à plage de Kokkina située à quelques centaines de mètres seulement du port.
Nous revenons prendre une douche vers 19:30 puis allons dîner au “Limaniki”, une taverne typique à quelques pas du catamaran. Pour simplifier la prise de commande -nous avons hâte de calmer notre faim! -et nous faire découvrir les spécialités de l’île Eric se propose de choisir certains plats. Voici de quoi se composera notre premier dîner: poulpe grillé, octopus à la tomate, fromage frit, tsatziki, salade de roquette, seiche farcie au fromage, saucisse traditionnelle de Syros, le tout arrosé de vin blanc et de Raki (boisson alcoolisée grecque distillée à partir de marc de raisin). Le repas est délicieux, l’ambiance sympathique, l’équipage s’entend bien et les discussions vont bon train (malgré quelques barrières dues à la langue, en ce qui me concerne).
Nous en profitons pour parler de la journée du lendemain : il est prévu, si aucun changement ne se produit dans la météo, de mettre le cap sur Mykonos. Cette perspective réjouit tout le monde!
De retour au catamaran vers 22:00, les uns vont s'étendre sur les filets sous la lumière de la lune, les autres papotent. Pour ma part, bien fatiguée par cette journée je me retire dans mes quartiers. Demain est un autre jour !

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  On hisse et règle les voiles.
 
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  Jay dans le cockpit de navigation. Rose et Scott à l'avant du bateau.
 
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  Halte dans une crique déserte.
 
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  La 'Petite Venise' à Mykonos.
 
  

JOUR 2 : Syros-Mykonos

Sandra est sur le pont à 8:00, c'est elle qui se rend gentiment à la boulangerie. Tout l'équipage se régale d'un petit déjeuner copieux. Nous prenons le large vers 10:00 sur une mer calme avec une légère brise. Mais voilà que le vent forcit avec une rapidité surprenante, Eric hisse les voiles. La mer un peu plus agitée a raison de moi, je reste à l’intérieur de ma cabine, nauséeuse. Eric met à profit l'expérience à la voile de Jay en le postant à la barre pendant une heure environ.
Un peu avant 15:00 nous approchons d’une crique magnifique aux eaux d'un bleu pur, nous y jetons l'ancre à proximité de la plage et pendant une petite heure nous profitons de ce petit paradis rien que pour nous. Ensuite nous reprenons notre route pour arriver à Mykonos. Mykonos est une île rocheuse située au coeur de la mer Egée. Ses rivages forment les baies de Korfos, Panormos, Kalo Livadi, Merichia et Ornos, elle possède de ravissantes petites criques bordées de sable. A 16:00 nous mouillons dans la baie d’Ornos. Avec son aéroport international et son port des ferries Mykonos est très bien desservie, la contre partie est le tourisme de masse dont elle fait l'objet. Heureusement, en voilier, nous échappons sans problème aux foules.
 
A 17:30 Eric nous conduit tous à terre avec le pneumatique motorisé. Nous allons visiter le village principal de Mykonos (Chora) situé à 3 km de la plage d’Ornos. Le trajet peut être effectué en bus (l’arrêt de bus est situé sur la plage) ou en taxi. Nous optons pour cette dernière solution dans le but d’arriver rapidement et d’avoir le temps de nous promener un peu avant le coucher du soleil. A plusieurs le taxi est économique.
En arrivant dans le quartier animé de “la petite Venise” typique avec ses moulins et ses cafés au bord de l'eau, nous profitons d'un coucher de soleil grandiose. Je comprends que ce quartier soit si apprécié des artistes tant la luminosité y est belle.
 
Le temps de filer au bateau prendre une douche, je retrouve mes coéquipiers. Nous dînons dans une taverne en bord de plage, ah quel bonheur! Il s’agit de “Kostantis”, un établissement accueillant à la cuisine savoureuse. Tsatziki, fromage, légumes grillés, courgettes aux tomates séchées, salade verte, mezzes variés, miel et graines de sésame, boulette de veau accompagné de frites, le tout arrosé d’un vin blanc très rafraîchissant feront de nous des bienheureux. En fin de repas, la maison nous offre un digestif sucré à l'arôme de cannelle. Nous repartons repus et enchantés! Le retour au bateau se fait à bord du pneumatique conduit par notre skipper Eric mais cette fois c'est sous le scintillement des étoiles que reflète l'eau comme des milliers de diamants. Magique.
Demain Eric prévoit de lever l'ancre dès 7:00 afin d'arriver suffisamment tôt pour visiter la fameuse île musée; Délos. J’apprécie énormément cette initiative car j'ai appris que cette île est envahie par les touristes dès 9:30 et je préfère être (presque) seule pour profiter pleinement des lieux.
Je file me coucher dans une ambiance musicale qu'apporte les restaurants de la plage. J’ai même la chance d’apercevoir un petit feu d’artifice dans les hauteurs de l’île.

 
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Plan de notre bateau.

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  Arrivée au site archéologique de Delos en voilier...un must.
 
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  Capture d'un octopus.
 
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  Juan et Liliana pendant la navigation.
 
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  Partie de carte dans la cuisine en navigation.
 
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  Notre catamaran à quai dans le ravissant petit port de Donoussa.
 
  

JOUR 3: Mykonos-Delos-Donoussa

Il est 7:00 lorsque le bruit des moteurs du bateau me réveille. Le bateau glisse sur les flots, Eric est à la barre. La mer est belle et assez calme. Lorsque nous arrivons en vue de Delos 1 heure plus tard, le spectacle est hallucinant de beauté: l’eau est transparente, une lumière dorée illumine les colonnes et vestiges de la cité antique.
Délos se situe au sud-ouest de Mykonos. C’est une île étroite, aride, dotée d’une unique colline et d’une rivière. Elle fait partie d’une groupe d’îles appelé Délès (aucune de ces îles n’est habitée). Délos constitue l’un des sites archéologiques grecs majeurs et à en constater l'incroyable luminosité on comprend pourquoi elle est liée au dieu de la lumière.
 
Le bateau est au mouillage à proximité de l’île. Eric nous débarque au quai grâce au pneumatique. Cette fois, je me désolidarise du groupe pour partir seule arpenter les ruines des ruelles antiques, profiter de la quiétude des lieux, me faufiler entre les colonnes, les statues, suivre les indications fléchées et me retrouver dans les hauteurs, là où se trouve le temple d’Isis, si reconnaissable.
 
De retour à bord du bateau, certains prennent le temps de petit déjeuner copieusement (salade de fruits, café, tartines de confiture etc). A contrario j’enfile rapidement mon maillot, attrape masque et tuba et je me jette dans les eaux turquoises. Tout un équipement de masques, tubas et palmes est mis à notre disposition à bord. Eric, parti de son côté, nous ramène un gros coquillage dans lequel se tapit un octopus de la taille d’une main. Je trouve juste génial de voir d’aussi près ce mollusque, nous le regardons glisser de la main d'Eric et, avant de disparaître dans la mer, rejeter son encre noire.
 
Vers midi, nous reprenons la navigation en direction de Dhonoussa. Dhonoussa est une petite île qui se situe à l’est de Naxos, avec les îles de Kéros, Koufonissia, Schinoussa et Iraklia elle forme les “Petites Cyclades”. L’île compte seulement 150 habitants répartis entre 4 hameaux.
Nous amarrons à quai dans le petit port de Stavros (qui signifie La Croix) après 3 heures de navigation plaisante. La plage de Stavros est très belle et il ne faut pas longtemps avant que tout le monde ne soit à l'eau.
 
Je pars faire une promenade dans les hauteurs de l’île. Au bout d’un chemin je remarque un panneau indiquant un sentier : “Kalotaritissa” (il n'a pas l'air très praticable mais a le mérite d’exister!). Au bout d'une heure de marche, je suis récompensée par un point de vue à vous couper le souffle, me voilà fière de mon initiative. Sur mon chemin je croise la route d’un chasseur qui arpente comme moi les dédales de pierres et de végétations piquantes. J’en profite pour me poser sur les rochers et admirer la douce lumière du coucher de soleil.
A mon retour au bateau il est 19:30. Ce soir nous dînons dans une taverne traditionnelle juste en face de notre catamaran, quel privilège! Chacun de nous s'étant aperçu des trésors culinaires des îles grecques, nous laissons une fois de plus à Eric le choix des plats auxquels nous goûterons tous comme le font les grecs. Très vite la table se couvre des mets les plus appétissants. La spécialité de Dhonoussa ce sont les plats en sauce : salade de tomate et fromage de brebis, rillettes d’aubergine à la saveur fumée, coeur d’artichauts et légumes, ragoût de chèvre, veau, et octopus, tout est en sauce! Nos palais sont en émois.
 
Il est 21:30 lorsque nous traversons le pont pour rejoindre le bateau. Tout l'équipage se réunit spontanément dans la cuisine pour un dernier brin de causette. J’en profite pour montrer les quelques photos que j’ai prises dans la journée.
Demain il est prévu de faire cap sur Amorgos !

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  A l'aide d'hameçons, Eric récupère le téléphone portable d'Elise.
 
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  Préparatifs d'arrivée à Amorgos. Le skipper explique les manoeuvres.
 
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  La baie d'Aighiali à Amorgos.
 
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  Architecture traditionnelle de pierre et de bois.
 
  

JOUR 4 : Donoussa-Amorgos

7:30. Le soleil est levé. Je file à la boulangerie du village chercher notre petit déjeuner. Mais au retour, zut, mon téléphone portable tombe dans un interstice du bateau. Après plusieurs tentatives pour le récupérer j'abandonne. C’est sans compter sur la persévérance d’Eric qui parvient à le récupérer à l’aide de deux hameçons. Nous pouvons enfin prendre le large, il est 10h00, cap sur Amorgos. Il fait déjà chaud malgré les embruns et le petit vent.
Amorgos est en vue à 13h00. Le quai est occupé par un énorme bateau qui approvisionne en eau potable aussi Eric met notre catamaran au mouillage devant la plage d’Aighiali en attendant que se libère la place à quai. Ici aussi, l’eau est limpide, d'une belle couleur turquoise. La plage d’Aighiali est bien protégée du vent.
 
Amorgos est située à l'extrémité orientale de l’archipel des Cyclades, à proximité de Naxos. C’est une île qui possède une végétation relativement importante, c’est aussi ici qu’Eric Besson a tourné le Grand Bleu. La Chora (le chef lieu de l’île) est construite au sommet d’un rocher imposant, s'y dressent un fort vénitien et un aqueduc, ainsi que l'époustouflant monastère Panaghia Hozoviotissa construit en 1017.
 
Arrivés relativement tôt (13:00) et amarrés à quai jusqu’au lendemain matin, nous choisissons de déjeuner à la taverne “Limani” située dans une ruelle à proximité de la plage. Cette taverne possède une décoration intéressante, sont accrochées aux murs de grandes peintures dont une de Wolfgang Mann. Notre déjeuner est composé de salade grecque, brochettes de porc et de poulet, frites, tsatziki et le traditionnel fromage frit que l'on retrouve dans de nombreuses îles.
De retour au bateau je remarque une bande de chats à l'affût des débris de poissons rejetés par les pêcheurs locaux. Eric en profite pour nous rappeler de bien ranger la nourriture à bord cette nuit sous peine de ne rien retrouver au matin!
Après le déjeuner, l’équipage se scinde en deux et loue deux voitures pour visiter l’île et aller jusqu’à la Chora. Comme je suis un peu fatiguée, je préfère retourner au bateau chercher mon livre et aller me poser sur les rochers tout près. Ces moments en solitaire me permettent de mettre la croisière sur 'pause' et empêcher que les journées ne filent trop vite. Plus tard, je loue un scooter et pars explorer la montagne. Le loueur de l’agence use de tous ses arguments pour me décourager de prendre un scooter, il est visible qu'il en voit beaucoup revenir accidentés. Je repars finalement avec une petite voiture, ce qui n’est pas plus mal. Le vent s'est levé, des nuages obscurcissant le ciel. Ma visite commence par le village de Tholaria puis par Langada et s'achève par Potamos.
Sur ma route je croise une jeune fille grecque qui fait du stop, je l'embarque et la redescends à la plage d’Aighiali. Mais sitôt que je reprends ma route, je croise une dame âgée qui elle aussi lève le pouce. Hop je l'embarque également. J’aime la proximité et la confiance que partagent les habitants de ces îles grecques.
 
La route de la Chora et son monastère sont envahis par des chèvres. J'arrête la voiture et continue à pied. L’ascension est magnifique, je suis seule, en pleine forme. Malheureusement le temps se couvre, l'air devient aussi plus frais dans les hauteurs et comme je ne suis pas assez habillée, je dois rebrousser chemin sans atteindre ma destination.
 
A mon retour, le reste de l’équipage est lui aussi revenu de son périple. Il est temps d'aller dîner, cette fois dans un restaurant à poissons. Ce soir chacun choisit son plat, j’opte pour une salade grecque et deux rougets appétissants. Durant le repas le vent forcit, la pluie se met à tomber et la mer rentre dans le port. La nuit promet d’être agitée. En remarquant un voilier dont le mât tangue beaucoup, je me félicite de naviguer sur un catamaran: quand même beaucoup plus stable! Enfin j'imagine que la taille du catamaran compte aussi.
Après le dîner certains vont arpenter les ruelles du village à la recherche d’un mini market : nos amis les américains Scott et Rose sont gourmands et ne peuvent pas se passer de chocolat!
Ce soir je ne trouve pas tout de suite le sommeil, pourtant le vent s'est calmé. En ce qui concerne le programme de navigation de demain rien n'est moins sûr car nous dépendons de la météo, aussi nous en saurons plus après cette nuit.

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  La géniale plage de baignade avec escalier du catamaran.
 
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  Sandra nage jusqu'au rivage pour aller attacher l'amarre.
 
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  Le pneumatique de bord nous permet d'explorer et d'aller à terre à volonté.
 
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  Autour d'un verre dans le port d'Iraklia.
 
  

JOUR 5 : Amorgos-Keros-Iraklia

Réveillée à 6:00 par le ferry Blue Star qui amarre à proximité, j'ai envie de me fâcher. Mais à quoi bon, il n’y a plus de vent, le ciel s'est éclairci, une autre belle journée commence! Nous prenons le temps de faire quelques achats de fruits et de légumes pour la journée puis, à 10h00, cap sur l’île de Kéros.
Kéros est une île désertique qui fut autrefois un centre notable de la culture cycladique. Eric met le bateau au mouillage dans une baie sublime, encore un autre paradis! La cuisine résonne de bruits de vaisselle et de voix, plusieurs d'entre nous préparent le déjeuner à base de salades, de pain et de fruits pendant que d’autres vont nager. Eric et les inconditionnels du snorkeling partent équipés de masques et tubas pour explorer une grotte.
 
Avec sa position réglable, son confortable escalier en bois et ses 5 mètres de large, l'ingénieuse aire de baignade du Pahi permet de profiter au maximum des criques désertes.

 

Nous restons au mouillage 2 heures puis reprenons la mer pour mettre le cap sur l’île de Schinoussa. Cette île se situe entre Iraklia et Koufonissia, et compte environ 150 habitants. Elle comporte deux baies. La taverne sur la plage de la baie de Livadia est aujourd'hui fermée et comble de malchance nous ne trouvons pas de place dans le petit port tranquille de Mirsini. Nous reprenons la mer pour une heure de navigation et faisons cap sur Iraklia. Un petit imprévu qui vient tester notre aptitude à vivre sur un bateau. Notre skipper, lui, reste impassible.
 
Iraklia est située à l’extrémité ouest des petites Cyclades, cette très belle île encore assez sauvage possède deux hameaux (Panaghia et Aghios Georgios). Il est 17:00 lorsque nous arrivons dans le petit port mais il est vraiment trop encombré pour amarrer, nous préférons mouiller dans la baie d'Aghios Georgios, protégée du vent, à quelques mètres de la plage. Sandra est sollicitée pour cette manoeuvre. Elle doit plonger, rejoindre le rivage à la nage et accrocher l'amarre à un rocher. Un joli spectacle salué de tous. Par la suite nous nous retrouvons tous dans l’eau fraîche et claire.
 
Ce qui est bien sur cette croisière c'est que tout le monde met la main à la pâte à tour de rôle et sans jamais que cela ne soit vraiment organisé. Tout se déroule naturellement. Notre skipper Eric donne parfois une direction, une suggestion, le reste suit facilement dans la bonne humeur.
 
Il y quand même un truc qui énerve un chouia notre skipper, c'est quand on transforme le bateau en roulotte de nomades en vacances! Toléré au mouillage mais ô grand dieu jamais en navigation!

 

Le repas à la taverne est réservé pour 20:30 aussi je décide de me promener dans les ruelles du village avec Sandra en attendant l’heure. Sur notre chemin nous sommes interpellées par une partie de l’équipage qui prend un verre dans un bar à proximité. Je peux dire sans ambages que j’ai goûté au meilleur mojito du monde: au basilic ! Ensuite nous rejoignons Eric à la taverne pour un repas convivial comme nous avons maintenant coutume de les savourer. Pour ma part, je garderai un souvenir impérissable de cette superbe escale, tout à fait hors sentiers battus. Aucune idée du programme de demain mais de toute façon la journée sera belle et la mer magnifique !

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  Lever de soleil depuis le bateau à Iraklia.
 
archipel-club
  
 
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  Arrivée à Antiparos.
  

JOUR 6 : Iraklia-Antiparos

Aujourd'hui j'émerge de ma cabine à 6:00 du matin bien décidée à profiter du lever de soleil et du bateau pour moi toute seule. Mais voilà que j'aperçois quelques compagnons de voyage déjà sur le pont! Alors eux aussi auront eu la même idée que moi?
 
Comme nous avons décidé de ne lever l'ancre pour Antiparos qu'après 10:00, il reste amplement de temps de profiter de notre beau et paisible mouillage à Iraklia: alors je nage, nage et je nage! Pendant que d’autres organisent le petit déjeuner j'avoue. Pour ceux que l'expérience intéresse, j’ai tenté cette nuit de dormir sur les filets avant du bateau car je voulais profiter de mon aventure jusqu'au bout, si tant est que le bout se trouve sur le filet. J’ai sorti couvertures et oreiller et je suis restée deux heures dans la lumière de la lune quasi pleine, à profiter des étoiles et du silence. Je pouvais voir à travers le filet les poissons nager en dessous de moi tellement il y avait de luminosité…ha quel moment inoubliable. Malheureusement forcé d'être abrégé à cause de l'humidité.
 
Au matin de notre sixième jour, nous levons l'ancre à 10h00, cap sur Antiparos. Mer pas très formée et vent moyen, force 4. Eric en profite pour hisser les voiles et éteindre le moteur. J’aperçois une tortue qui nage à côté du bateau puis presque aussitôt nous traversons un banc de poissons frétillants.
Aujourd’hui la navigation est plus compliquée car le vent tourne et nous avons du mal à atteindre notre but en ligne droite, nous mettrons 7 heures et tirerons bien des bords avant de voir se dessiner les côtes d’Antiparos. Heureusement que le vent ne soufflait pas plus fort, l'étape aurait été infiniment plus sportive.
 
Antiparos est une île située au nord-ouest de Paros, sa population ne dépasse pas les 1000 habitants. Autrefois cette île était rattachée à Paros, elle se désolidarisa suite à des mouvements géologiques. L’unique village de l’île est Antiparos, également appelé Kastro. Ce village est magnifique avec ses remparts vénitiens du 13ième siècle. L’eau est toujours aussi turquoise mais un peu moins limpide : il s’avère que le fond est vaseux. Pourtant selon Eric, l’eau est toujours aussi propre.
 
Fatiguée par le vent et la navigation je m’endors à peine arrivée pour me réveiller vers 19:30. Le temps de prendre une douche, de monter dans le pneumatique et rejoindre le reste de l’équipage dans une taverne en bord de plage. J’opte pour une moussaka énorme, délicieuse, que je ne pourrais pas terminer. Par la suite nous entamons tous ensemble une promenade dans les ruelles, tous les magasins sont ouverts, l'air est doux, tout nous paraît facile, nous rigolons bien. Pourtant je ne peux m'empêcher de songer que demain est déjà notre dernier jour de croisière.
 
De retour sur le bateau nous nous réunissons dans la cuisine pour visionner les photos et manger du chocolat ! Demain nous verrons l’autre côté d’Antiparos, en attendant nous sommes au mouillage de la Chora Antiparou avec une magnifique vue nocturne sur le village.

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  L'aube. Antiparos.
 
loeur Archipel
  En route pour la boulangerie.
 
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  Baignade dans une baie déserte à Antiparos.
  

JOUR 7 : Antiparos-Paros

Cette fois debout encore plus tôt, à 5h00, je m'adonne enfin à la contemplation d'un lever de soleil en solitaire. Plus tard une partie de l’équipage part à terre à la boulangerie chercher de quoi agrémenter le petit déjeuner, le plus généreux de la semaine.
 
Vers 9:00 nous faisons cap vers l’autre côté d’Antiparos. Nous mouillons dans une superbe baie avec une vue imprenable sur l'île de Naxos. Jusqu’à 13:00 et jusqu’à épuisement nous y nageons et faisons du snorkeling. Bien que gaie, l’ambiance à bord a subi un imperceptible changement, hé oui, c'est le dernier jour et cet après midi nous auront tous quitté le bateau, la douceur de vivre des îles et cette incroyable sentiment de liberté qu'offre le voilier. Et Eric, comment vit-il ces rencontres et séparations incessantes tout au long de la saison? Mystère, notre capitaine n'est pas bavard sur ce sujet.
 
Le cap est mis sur Parikia à Paros, notre point de départ. A notre arrivée vers 15:00 nous sommes accueillis par l'équipe d'Archipel, reconnaissables à leurs polos bleu marine au logo de la société. Le débarquement n'a lieu qu'à 18:00 mais déjà commence la série des au revoir et des échanges d'adresses. Un moment détestable pour l'émotive que je suis. Je suis donc la première à quitter le catamaran, mieux vaut ça que de les voir tous me regarder pleurer, mes chers compagnons d'aventure, Rose et Scott, Jay et Deby, Liliana et Juan, Sandra et Eric.
 

Le bilan

Cette semaine représente pour moi une expérience hors du commun même si au départ la barrière de la langue me paraissait insurmontable. Je garderai un souvenir indélébile non du mal de mer dont j'ai finalement peu souffert mais du mal de terre éprouvé lors de notre première escale… j'avais l'impression d'onduler telle une anguille. Ce n'était pas désagréable, juste inattendu et étrange. La météo a été vraiment bonne, nous avons formé une bonne équipe aux âges et personnalités différentes et finalement nous nous sommes tous bien entendu. Grande solitaire de nature, j’avais peur de ne pas supporter la promiscuité mais j’ai rapidement pris le parti d’évoluer hors du groupe quand cela était nécessaire et ça n’a posé aucun problème. Il faut ajouter que le catamaran Pahi 53 a remarquablement été conçu avec ses multiples espaces communs, ses quartiers privatifs aux accès indépendants et ses équipements pas bling-bling pour un sou mais diablement pratiques quand on est nombreux (je pense notamment à la machine qui produit de l'eau douce à bord et à l'aire de baignade).
Un mot pour finir et remercier Eric Coppola. C'est un excellent skipper au tempérament bien trempé, calme et sûr de lui même dans les moments délicats. Sa personnalité et sa connaissance des îles en font un précieux capitaine.
Ici s'achève cette belle escapade en Grèce. Ciao!
 
Elise. Septembre 2013.      

 

Ce que j'ai aimé
- sortir la tête de ma cabine le matin et découvrir un magnifique décor.
- nager dans les eaux cristallines des Cyclades.
- l'expérience stimulante de la navigation à la voile.
 
Ce que j'ai moins aimé
  
 
 
- la barrière de la langue (je parle vraiment mal l'anglais!)
- ne pas pouvoir aller me dégourdir les jambes pendant les navigations.
 
 
 
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